L'oeil - Septembre 1981, Deanna Gao

Née en Chine, d'un père chinois et d'une mère anglaise, Deanna Gao poursuit depuis cinq ans sa carrière à Paris. Sa formation classique auprès des plus grands maîtres contemporains de son pays lui a permis d'exploiter les idées qui, de tout temps, ont régi et fécondé l'art du pinceau en Chine. La parfaite maîtrise de la subtile syntaxe des coups de pinceau montre que l'artiste a complètement assimilé ses leçons. Les paysages de montagne, monochromes ou réhaussés de couleurs légères, révèlent une nature idéalisée et purifiée de tout ce qui est inquiétant ; ils témoignent d'un art à la fois élégant et spontané ou la personalité du peintre s'exprime tout en trahissant une préoccupation constante pour les techniques du pinceau liée à une conception intimiste du paysage. D'autres feuilles s'inspirent de la littérature classique ou de légendes anciennes et transmettent l'essence même d'un état d'âme.

Par les thèmes et les formes qu'elle a choisis comme source de son inspiration, Deanna Gao donne sa vision personnelle de ce qui pourrait apparaître comme un abrégé du vaste répertoire de la peinture chinoise à travers les siècles.

R. Jera-Bezard.

"Deanna Gao", Pagode du bois de Vincennes, Centre bouddhique, boulevard Circulaire, Vincennes. Du 23 septembre au 25 octobre.


Le pinceau maître

Deanna Gao vient de Chine. Ce n'est qu'en 1973 qu'elle a quitté son pays, et ses expositions régulières depuis, à Paris, témoignent d'une parfaite maîtrise de la peinture traditionnelle chinoise, acquise auprès des grands maîtres de Shanghaï. Une nature idéalisée, ou plutôt ré-humanisée, vierge de toute atteinte, de toute pollution du monde "moderne" ; des scènes poétiques droit venues des romanesques récits de la littérature classique chinoise. Ici, le coup de pinceau est maître. Il suggère l'esprit de la forme plus encore qu'il n'en définit le contour.


Exposition au centre bouddhique, pagode du bois de Vincennes


Peinture à la chinoise